Avant.premier

Paraître, sans jamais devenir.

Je-tue-il

http://avant.premier.cowblog.fr/images/Photo0697.jpg(Séparation des éléments. Interprétation. Conclusion.)

La pluie ruisselle sur mes mèches blondes, goutte tranquillement de mes cheveux trempés, et moi, transit de froid, prit dans le vent glacial de ma belle Normandie, je me dis que mon tour viendra, comme il est venu pour les autres, peut-être. Sensation étrange, mélange de solitude, de lassitude, d'ennuie, dans un renouveau bienvenu.
C'est comme si tout rentrait dans l'ordre, pas à pas. C'est comme si l'hiver avait geler tous les problèmes insignifiants qui me pourrissaient la vie. Un peu de la même façon qu'un puzzle se termine, mon année reprend une signification, et je retrouve celui que je suis réellement. Chaque chose retrouve sa place, le ballon au panier, les bons mots sur les bonnes feuilles, les phrases adéquates avec les personnes qu'il faut. Le temps a soigné les blessures, pansé les plaies. La vie m'a rendu mon âme, mon nom, mon âge. Je retrouve ce goût de la vie, l'envie de me faire plaisir chaque seconde qu'il m'est offerte. Il m'est à nouveau possible de rire, sans que chaque sourire m'écorche l'âme. Ma thérapie par la chanson aura fonctionné, avec trop de décibels trop souvent dans les oreilles, mais avec le coeur en joie un peu plus souvent. Comme quoi, l'envie ne tient qu'à un fil. Je reprends la route sereinement, avec l'esprit apaisé d'avoir soufflé une demi-année. Je reprends les armes, et retournerais chaque service que l'on m'enverra, parce que le match n'est pas terminé et que je ne suis pas Murray. J'ai perdu un set, mais il me reste bien 80 ans pour en gagné un autre. L'envie est revenue, transcendée par la réussite et l'ambition, la peur et la pression. Je garde les maux, et les transformerais en bombes le moment venu, mais là, le temps est à profiter du temps, la vie de la vie. Désir. Motivation. Ambition. Soulagement.
Au milieu de mes rêves, au creux de mon sommeil chaque nuit, j'espère pourtant que mon tour arrive. Désirer ? Oui. Mais jusqu'à quel point et jusqu'à quand ? Espérer ? Oui. Mais jusqu'où ? "Tout l'or des hommes ne vaut plus rien, si tu es loin de moi. Tout l'amour du monde ne me fait rien, alors surtout ne change pas"* C'est exactement ça, mais sans savoir qui peut bien être le fameux "tu", et sans savoir quand ce "tu" arrivera, pour combler ce vide qui pèse depuis trop de temps. Si tout rentre dans l'ordre, je veux bien donner tout l'ordre du monde pour ça, parce que voir le monde tourné sans moi m'agace, même si depuis quelques temps, j'ai rattrapé le dernier wagon. S'il faut souffrir pour aimer, mon amour débordera, renversera les limites du raisonnables. S'il faut souffrir pour aimer, alors j'aime à ma façon chacune des personnes qui voient leur reflet dans mes yeux humides. Et puisqu'il faudra bien, j'attendrais, patiemment, que la chance tourne encore un peu plus. J'attendrais le vent du sud dans mes voiles. J'attendrais toute une vie s'il le faut.



Spé physique-Chimie.

 
*Céline Dion, Tout l'or des hommes.

Je-tue-il

http://avant.premier.cowblog.fr/images/Photo0708.jpgUn beau jour, la flamme s'éteindra, comme toutes les autres...

 Si l'on me demandait ce que je ressent, je n'arriverais plus à le dire. Et si, malgré toutes les déceptions et les désillusions, on me demandait a qui vont ces mots, je répondrais comme il y a 4 ans. Mélange de frustration, et de peur. Paralysé.
Peur de ce que les gens penseront, de ce qu'ils diront lorsque j'annoncerais mon départ. Peur de ce que cela me réserve de plus, bonheur ou malheur, joies ou peines.  Peur, tout simplement, quand je vois le monde dans lequel nous vivons : puisque tout est une affaire de mode, j'ai bien peur que ce soit le tour de la tolérance de l'être, et c'est bien cela qui me fait peur. Le monde tourne, inévitablement, nécessairement, mais il ne tourne plus rond. Pourquoi, aujourd'hui, faudrait-il être populaire pour exister ? Pourquoi, désormais, faudrait-il vivre dans un pavillon de banlieue, avec trois gosses, une télé immense, internet, une famille ? Pourquoi faudrait-il n'exister que dans les yeux des autres ? Je ne suis pas de ce monde là. La raison, ma raison, m'ordonne de ne pas accepter cette réalité, parce qu'elle n'est pas viable. Les gens ne se parlent plus. Ils ne se connaissent plus. Ils ne regarde plus le monde avec émerveillement, seulement leurs nombril, et ce qui pourrait bien se dire de ce -dernier dans les bouches des autres.
Aujourd'hui, plus personne ne regarde les étoiles. Aujourd'hui, pour vivre, il faut être comme tout le monde...

La différence n'existe plus, l'individu non plus, puisque chaque chose est une copie d'une autre...

Je-tue-il

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« A quinze ans on ne sait pas grand-chose, on gobe encore, mais la graine de révolte germe doucement. »
Bernard Giraudeau
 
 
A quinze ans, on écrit partout qu'on emmerde le monde et la société. Mais c'est passé cinquante ans qu'on le pense véritablement.
Le coeur véritablement révolté n'est pas celui de la jeunesse, candide, qui ne connait rien. Le coeur véritablement révolté n'est pas celui qui ne sait pas, qui n'a rien de connue contre quoi se révolter. A quinze ans on se révolte contre le monde, parce qu'on peut le faire, parce qu'on a pas moyen de le changer. Le véritable révolutionnaire ne veut rien de plus, il veut tout en mieux. L'âme, à quinze comme à trente ans, ne sait pas où elle va. On ne se rebelle véritablement que lorsqu'on a la possibilité de changer les choses, sans le savoir. La révolution, aujourd'hui, n'est finalement que la justification de l'abandon. La nuance est subtil entre révolte et révolution, et à quinze ans, on ne sait pas...
Le coeur se révolte véritablement à cinquante ans, lorsque la vie a montré ses plus laides facettes. La raison prend plus de place lorsque la révolte est justifiée, par un excès d'expérience, par une nouvelle force, donnée par le temps, qui fait de la conviction une possibilité et non plus un idéal. A cinquante ans, on sait contre quoi lutter, on sait que frapper fort n'est pas la véritable solution. A cinquante ans, on se révolte contre le monde, parce qu'on sait le faire, et parce qu'on a appris à lui parler et se foutre du diable comme du froid. C'est lorsque l'homme est sage qu'il se révolte contre ce qu'il a construit, parce que c'est quand l'homme est sage qu'il sait ce qu'il y a de mieux à faire.
Georges Bataille a dit que "le coeur est humain dans la mesure où il se révolte", et c'est bien à cinquante ans que l'on devient humain. L'avant est la construction de l'humanité, l'après l'exercice de la révolte. On ne naît pas humain, on le devient, mais par mimétisme on cherche à l'être bien avant de pouvoir le devenir. Alors on se révolte, contre un système qui n'est pas le notre, et que nombre de génération a déjà remodelé. On attendra alors cinquante ans, pour comprendre le vrai sens du remodelage, les véritables tentatives. On attendra alors la sagesse de l'Homme, pour changer le futur de nos enfants, qui changerons eux-même celui des leurs. On attendra alors d'avoir appris de la vie, pour vouloir la rendre moins misérable. On attendra tous cinquante ans pour penser nos mots, révoltés, et pour voir le bout du tunnel qu'est l'insurrection.
Si l'on ne croit que ce que l'on voit, alors on ne peut se révolté contre rien à quinze ans. Et puisque l'on ne connait rien à quinze ans, même pas ce qu'est l'amour, puisque seule l'habitude connait ses limites,  rien ne permet la révolte, sinon la douleur d'une passe dont on rira plus tard, lorsqu'on aura cinquante ans, et la sagesse qui accompagne les années. L'Homme est comme le vin, il se bonifie avec le temps, jusqu'à être délicieux et subtil, et jusqu'à comprendre le sens de ses pensées.


Et l'Homme se trompe, encore et toujours, par excès de vanité, sur ce qu'il a, peu, et pourra changer.

Je-tue-il

http://avant.premier.cowblog.fr/images/FL4.jpgJ'aurais aimé y croire un peu plus longtemps.

Mes yeux fixent la braise incandescente, les flammes orangées oscillent au gré des courants d'airs qui passent par la cheminé, et moi, hypnotisé, j'espère que l'année à venir sera meilleure que celle passée. La douce lumière du feu berce mes désirs, et ses crépitements tendent à me rendre fou, le cerveau comme oxydé par une année de frustration. Une année étrange. La bûche, bouffée par les capricornes, se voie disparaître, doucement, comme ce fut mon cas durant l'année ; une flamme trop grande pour moi ma consumé, comme le feu dévore de sa rage et de sa violence les fibres profondes d'un bois trop sec. La brûlure est douloureuse, rouge, vive.
J'aurais passé une année de plus. Mutisme. L'oeil brillant, éclairé par un souvenir, un espoir, une envie, un idée, une frayeur. Le coeur battant, trop fort, trop souvent. La main palpant, toujours, le sol, à la recherche d'une sensation plus agréable. L'oreille tendue, aux aguets, prête à tout, pour toi, pour elles, pour lui, pour eux, pour ceux, celui, celle. Les sens en éveil, excités par la douleur, énervés par une année de perdue, à regarder le monde tourné encore et toujours, sans moi. Attendre.

Et comme le loup dans sa tanière, apeuré, j'attends. Encore. Et comme la cigale ayant chanté tout l'été, j'espère de la fourmi, qu'elle finisse le travail pour moi. Trop peu de courage, trop peu de raison, trop peu de douleur; pour l'instant... Silence. Le hibou, perché sur l'arbre sous lequel j'ai creusé mon terrier, occupe mes nuits de son chant, et les oiseaux nichant à quelques mètrent, eux, ne chantent plus pour moi, parce qu'ils ont leurs problème, et qu'ils pensent que supporter le malheur et la douleur se fait plus facilement seul. Et l'on prend les mêmes acteurs, avec les mêmes voix, et on recommence la scène, avec toute la dramaturgie du meilleur des navet américain. Et on compte les points, pour n'avoir finalement qu'un seul vainqueur.


Si jamais je me perds
Si jamais je prends l’eau
Ouvre-moi la portière
L’amour peut prendre froid

Céline Dion/Johnny Hallyday, L'amour peut prendre froid


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