Avant.premier

Paraître, sans jamais devenir.

Je-tue-il

http://avant.premier.cowblog.fr/images/Photo1180.jpg[C'est un peu comme si chacun de mes jours se déroulait à Halloween...]

Cela fait maintenant trois semaines que le centre bas son plein. Il m'en reste donc deux à faire, avant que  les vacances ne commencent vraiment. Je n'ai pas tellement envie de partir, pour être honnête. Chaque jour sans rien dire est une torture supplémentaire, et ma mère commence à devenir vraiment oppressante avec ses foutues questions... "Tu nous présente une fille quand ? Je veux être grand-mère moi tu sais ? T'as une copine en ce moment ? Tu nous la présenterais quand même ?"... A devenir fou.

Fou de rage, de colère et d'amertume. Fou à lier. Et peut-être fou tout court. Soit elle sait et elle tente en vain de me faire dire quelque chose qui la rassurerait ou qui me ferais mourir, soit elle ne sait pas et elle tente toujours en vain de me faire "réagir". Je ne pense pas qu'elle soit capable d'imaginer le calvaire qu'elle me fait vivre en ce moment, avec ses accès de dépressions et de larmes à peines dissimulées, avec ses questions insupportables et ses plaintes journalières. Je ne peux pas lui en vouloir, mais je constate que nous sommes à des années lumières l'un de l'autre, et surtout que je suis le seul de nous deux à le constater. Elle est toujours persuadée de me connaître par coeur, que je suis toujours son fils de dix ans. Sauf que les choses ont évolué, et que j'ai grandi. Je ne sais pas si elle perçois le chemin que j'ai parcouru, celui qui se dresse devant moi, et tout ces moments qu'elle ne soupçonne  même pas, à haïr le monde, à cracher tout le venin dont j'étais capable. Je ne sais pas non plus si elle comprend qui je suis vraiment, et les raisons qui me poussent à me blinder et me garder de bien des mots. Elle ne connaît sûrement pas la source de toute cette rancoeur que je déverse, et que ma famille persiste à appeler de l'aigreur. Ils me voient comme capable de la pire des cruauté, alors que je suis probablement meilleur qu'eux tous réunis. Ils me pensent fort, sans ressentiment, presque insubmersible, alors même que j'écope pour la même fuite depuis 6 ans. Je ne sais pas si toutes les familles sont comme la mienne, mais probablement que je n'échangerais pour rien au monde malgré tout. Parce qu'il y a une chose qu'ils savent faire malgré tout, c'est m'aimer et me protéger (du moins ils le pensent) au mieux de ce que la vie peut réserver.

Cela fait maintenant trois semaine que le centre a commencer, comme je vous l'ai dit. Et il semblerait que les choses reprennent leur cours, même là-bas. Tout rentre dans l'ordre, une fois de plus. Je n'ai plus rien à exécrer depuis une semaine, alors je replonge doucement dans mon propre tourment. J'ai d'ailleurs rêvé à plusieurs reprise du moment fatidique, avec différents scénario. Le moins qu'on puisse dire, c'est que je suis inconsciemment convaincu que ça va mal finir. 
J'en suis à ne toujours pas trouver le courage de le dire à mes soeurs, qui sont pourtant plutôt de mon époque. J'en suis donc au même point qu'il y a 6 ans, à ceci près que j'en ai parer à 3 amies, et pas une de plus. Je ne sais pas trop si je devrais le dire aux autres, nos chemins sont tellement éloignés maintenant, ils ne comprendraient probablement pas. Et quand bien même ils comprendraient, que cela peut-il bien leur faire ?

Pourquoi faudrait-il toujours vouloir changer les choses qui vont bien, en parlant de petit secrets personnels ? Pourquoi est-ce que moi, nous, avons à parler de ça, alors que des milliards d'autres non ? Pourquoi je n'arrive pas à me débarrasser de tous ces tourments que je créer de toute pièce ?

Une seule chose est sûre, c'est que je suis seul dans la bataille, et qu'elle n'intéresse personne d'autre que moi. Et se battre seul, croyez moi, c'est douloureux, surtout quand on ne sait pas vraiment qui est l'ennemi à combattre.

Je-tue-il

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Laisser le soleil briller.

J'ai des millions de choses à vous dire. Des milliers de points à aborder, de pensées à éclaircir. Des kilotonnes d'anecdotes et de sentiments à partager. De grandes, très grandes joies. Des peines, à peine dissimulées. Seulement les mots me manquent pour aborder tous ces sujets qui ont fait ma vie depuis la dernière fois.
D'abord, je l'ai fait. Et oui, il semblerait que c'était évident pour tout le monde, sauf pour moi. J'ai bien compris que l'évidence était souvent dans les yeux des autres. Alors je peux désormais le dire, j'ai eu cette mention très bien à mon BAC Scientifique. J'ai enfin eu cette mention très bien, avec tout ce qu'elle peut représenter. Elle est mon ticket gagnant, mon droit à prétendre diriger ma vie comme je l'entend. Je suis officiellement la personne s'en étant le mieux sorti au lycée, étant le seul à avoir obtenu cette mention. Ca peut paraître banal, prétentieux ou incompréhensible, mais c'est la reconnaissance de toute cette pression, le faire au moins aussi bien. Sauf que moi je ne fais pas aussi bien, je fais mieux, parce que je veux obtenir le droit de faire ce que je veux. Je ne pense pas que vous puissiez réaliser à quel point cette nouvelle m'a rendu le sourire. J'ai obtenu le droit de sortir des griffes des autres, parce que je suis officiellement de ceux qui pourront dire toute leur vie qu'ils l'ont fait.
Et puis le centre de loisirs a commencé également. Je suis un peu frustré pour le moment, mais les choses se décanteront petit à petit. On a fait que les 4 premiers jours, il est donc normal que j'ai l'impression que rien ne va, simplement parce que jusqu'à aujourd'hui rien n'allait vraiment. L'important reste que les enfants s'amusent, que j'adore les voir rire et jouer. L'important reste que j'obtienne la même chose que l'an passé, la certitude d'avoir fait le bon choix. Aimer des enfants et se faire aimer en retour, peut-être que finalement, c'est bien là que je trouverais de quoi combler la solitude qui me lacère. Le bonheur ne tient finalement qu'à un sourire, un petit pas de danse, les rires d'enfants, aussi vifs et agiles que les adultes, et souvent bien plus sages. Ils apprendront la perversion bientôt, mais pour le moment, leur innocence est mienne, et leur bonne humeur également. Je suis fatigué, pourtant ça fait bien longtemps que mes batteries n'étaient pas aussi pleines. Leur joie et leur vie est communicative ; on ne se plaint pas lorsqu'on joue avec les enfants, simplement parce que même s'ils trichent parfois, ils n'en reste pas moins que c'est à nous de leur apprendre les règles. Le pouvoir de faire d'eux des gens bien nous est confié en partie, et c'est bien la seule chose qui compte.

Je garderais tout le reste pour moi, par pudeur et par crainte de craquer, alors même que je viens de partager le plus beau. Rester sur une note positive, pour une fois.
Portez-vous bien.

"All of our tears will dry faster in the sun, Shine your way"
Owl City- Shine your way

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